Ryder Cup

Culture Ryder Cup : Ballesteros bouscule la tradition

En 1997, la Ryder Cup se déroule pour la première fois sur le continent, ouvrant la voie à la candidature de Paris pour 2018. À Valderrama, en Espagne, le capitaine Severiano Ballesteros vit sa dernière grande émotion sportive.

À la fin du siècle dernier, un joueur symbolise à lui seul l’Europe. Fier et frondeur, il est le rempart contre la puissance américaine du PGA Tour. Artisan des magistrales victoires de l’équipe européenne, Severiano Ballesteros rêve de faire venir la Ryder Cup dans son pays. Juste récompense pour celui qui est alors au crépuscule de sa très prolifique carrière professionnelle. Car jusqu’alors, la Ryder Cup ne quitte jamais l’Angleterre, voire l’Écosse, quand le match bisannuel se dispute de ce côté de l’Atlantique.

Severiano Ballesteros au côté de Colin Montgomerie et José Maria Olazabal

Au début des années 90, l’Espagne est le pays le plus actif du PGA European Tour. Certaines saisons, on compte plus de six tournois dans la péninsule ibérique. Si un pays mérite d’organiser la Ryder Cup, c’est donc bien l’Espagne. Mais il faut convaincre le board de la Ryder Cup dont Severiano Ballesteros est un membre éminent. Pour cela, le magicien de Santander a deux cartes dans sa manche : le club de Valderrama et son propriétaire, Jaime Ortiz-Patino, un milliardaire bolivien né à Paris.

Situé en Andalousie, ce 18 trous aux fairways bordés de chênes-lièges reçoit chaque année le Volvo Masters, tournoi de clôture du circuit européen. Œuvre de l’architecte américain Robert Trent Jones Sr et véritable test de golf, Valderrama est donc le candidat idéal. Même si d’autres clubs se mettent sur les rangs comme Novo Sancti Petri (un golf dessiné par… Ballesteros) à Cadix, Montecastillo à Jerez, ou El Saler à Valence, c’est Valderrama et l’argent sans limites de Patino qui remportent l’organisation. Grand collectionneur d’objets de golf (le club possède son propre musée du golf !), Jaime-Ortiz Patino aime partager avec ses hôtes cette devise très personnelle :

J’ai une règle d’or : j’ai l’or et je fixe les règles Jaime-Ortiz Patino

Seve veut tout contrôler

Nommé capitaine, Severiano Ballesteros peut désormais se consacrer à son équipe. Mais en véritable perfectionniste, il se laisse dépasser par la fonction. Il est partout, veut tout faire, veut tout décider : « J’avais tellement de responsabilités et de pression que j’avais du mal à dormir. J’étais debout à 4-5 heures du matin ». De cette suractivité, un de ses assistants, Miguel Angel Jimenez, garde un souvenir précis : « Dans la nuit de samedi à dimanche, Seve m’a appelé à 5 heures pour finaliser les pairings dans sa chambre. On y a passé des heures, c’était dingue ».

Avec Severiano, on ne discute pas, on s’exécute. Miguel Angel Martin en sait quelque chose. Dans les points de l’équipe avant l’annonce de la sélection, l’Espagnol se blesse et doit observer quelques semaines de convalescence. Bien qu’il rassure son capitaine sur ses capacités à jouer la Ryder Cup, Seve fait la sourde oreille et pousse Martin à se scratcher pour sélectionner José Maria Olazabal. D’autres insistent sur sa volonté de tout contrôler. « Quand nous n’étions pas sûr d’un coup à jouer, Seve surgissait, on ne sait pas d’où, pour nous dire ce qu’il fallait jouer : nous tenions les clubs mais c’est Seve qui tapait les coups… », confie Ignacio Garrido, un des rookies de l’équipe.

Pour commencer, le capitaine fait inverser l’ordre des doubles, préférant les quatre balles le matin et les foursomes l’après-midi afin de permettre à ses joueurs de mieux se reposer. Comme d’habitude, les Européens dominent les matches en doubles et mènent avant les simples, 10,5 à 5,5. Le capitaine américain Tom Kite aligne alors ses forces vives d’entrée, Severiano Ballesteros lui oppose ses rookies, réservant ses meilleurs joueurs à la fin. Au cas où…

Rocca terrasse Woods

La première surprise vient de la victoire en simple de Costantino Rocca sur le jeune Tiger Woods, vainqueur de son premier Masters quelques mois plus tôt, la seconde des défaites en cascade des Européens qui laissent les Américains grignoter, match après match, leur retard. Mais grâce à Bernhard Langer, l’Europe gagne son 14ème point. Assurée de conserver le trophée après sa victoire de 1995, l’équipe veut maintenant enfoncer le clou et gagner la Ryder Cup.

Meilleur joueur européen, Colin Montgomerie, placé en 10e partie, a le sort de l’Europe entre ses clubs. Acculé jusqu’au 18 par Scott Hoch, l’Écossais est en bonne posture sur le green pour ramener le point à son équipe quand surgissant de sa voiturette, le capitaine Ballesteros propose d’offrir le point du match nul à l’Américain. L’Europe s’impose donc sur la plus petite marge possible : 14,5 à 13,5. « J’ai gagné des tournois du grand chelem, le Masters, l’Open britannique. Je peux vous dire que cette victoire est peut-être la plus belle, la plus intense », se félicite le capitaine dont la disparition, 14 ans plus tard, fera du champion espagnol une des légendes de l’histoire de la Ryder Cup.

Source : FFGOLF

 

Tags
Voir plus

Paul

Paul, joueur occasionnel dans le sud de le France, passionné par le golf depuis plus de 10 ans. Recherche pour vous les informations les plus pertinentes dans les championnats et sur le matériel de golf.

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close

Bloqueur de publicité :(

Nous ne vivons que de la publicité. Aidez-nous en debloquant les publicités !