Championnats

l’état de grâce de Shane Lowry

Le rouquin irlandais (33emondial) a remporté le 148eBritish Open à Portrush, devant son public, dans un moment d’émotion incroyable. L’Anglais Fleetwood et les Américains n’ont rien pu faire.

Envoyé spécial à Portrush,

Pour que la fête soit complète lors de l’Open britannique qui s’est déroulé cette semaine au Royal Portrush Golf Club pour la première fois depuis 1951, le public espérait avoir l’occasion de célébrer l’un de ses compatriotes à l’issue du tour final, dimanche. Les Nord-Irlandais n’avaient d’yeux que pour l’enfant chéri du pays, Rory McIlroy (3e mondial), surdoué des links dont le père, membre à Portrush, lui avait fait découvrir les recoins de la Dunluce course pour son 10e anniversaire. Le rêve a vite failli tomber à l’eau quand McIlroy, rincé, ne réussit à enfiler que le costume de magnifique looser après sa « remontada » ratée du 2e tour.

L’Irlandais oublié

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© F. Froger / D5

« Je n’avais pas l’impression d’être l’Irlandais oublié, mais j’espérais être celui dont ils parleraient le dimanche ». Un vert en cachant un autre, les supporters des tribunes du 18etrou allaient avoir l’occasion de chanter pour Shane Lowry, solide barbu rouquin d’1,85m pour plus de 100 kg. Un gaillard au swing musclé, qui aurait pu pratiquer le football gaélique comme son papa, Brendan, si sa maman ne lui avait pas collé un wedge en mains plutôt qu’un ballon.

Co-leader du tournoi le samedi lors du « moving day », Shane offraient à tout le monde – en commençant par lui-même – le rêve absolu du golfeur : l’état de grâce qui rend ce jeu si simple. Une sensation de plénitude qu’un professionnel ne vit parfois qu’une fois dans sa vie. Du pur bonheur, sur les fairways bosselés et les greens ondulés du Royal Portrush, en surplomb de l’Atlantique nord.

Histoire de ne rien oublier, il en profitait pour déglinguer le parcours. Et claquer un birdie de plus sur le « Calamity Corner », ce par 3 de 216 mètres (trou n°16) bordé par un précipice sur la droite. « C’est le jour le plus incroyable que j’ai jamais vécu sur un parcours de golf. » Lowry bouclait une carte record de 63 qui lui donnait quatre coups d’avance sur l’Anglais Tommy Fleetwood (-10).

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© F. Froger / D5

Fleetwood et les Américains

Le 4eet dernier tour du dimanche ne serait plus qu’une formalité… sous la pluie et entre des rafales de vent atteignant 45 km/h. Un petit déluge estival qui avait poussé les organisateurs du tournoi à avancer l’horaire de la première partie de la journée – celle de l’Anglais Ashton Turner et du marqueur – de deux bonnes heures, à 7h32.

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© F. Froger / D5

Shane Lowry et Tommy Fleetwood s’élançaient donc dans la dernière partie à 13h47. Et le trou n°1, par 4 de 385 mètres en montée, bordé de hors limite à gauche comme à droite, allait apporter son lot de vérité. Lowry y sauvait un bogey d’un putt rageur, mâchoires serrées, tandis que Fleetwood manquait sa première occasion de birdie pour revenir au score. Un lancement à « qui perd gagne » que le tableau de score allait confirmer cinq heures plus tard…

Idole

En effet, ni les Anglais Rose, Westwood ou Willett, ni les Américains Finau, Koepka, Fowler et Spieth, ne remontaient de l’arrière. Mieux, alors que la meilleure carte du jour était signée par l’Italien Francesco Molinari (66), vainqueur de l’édition 2018, Shane Lowry (72) alignait quatre birdies et cinq bogeys quand Fleetwood (+3) présentait un bilan de deux birdies pour quatre bogeys. L’Irlandais terminait seul en tête (-15), loin devant l’Anglais (-9) et l’Américain Finau (-7).

« La foule était incroyable, c’était une journée énorme dans ma carrière. » A 32 ans, non seulement Shane Lowry a remporté la Claret Jug, le trophée du dernier Majeur de la saison que les Britanniques considèrent comme le tournoi de référence – « The Open », clament-ils – mais, en plus, il est devenu l’idole de tout un peuple.

Les compères Hébert et Langasque

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© F. Froger / D5

Côté français, Benjamin Hébert (+2) et Romain Langasque (+5) finissent respectivement aux 41e et 63e places. Deux performances un brin décevantes pour les deux compères, présents le week-end précédent sur le podium de l’Open d’Ecosse, mais finalement assez logique, compte tenu de leurs ressources physiques respectives, après de longues périodes de jeu.

« Je me suis battu avec ce que j’avais, expliquait Benjamin Hébert (32 ans). Le bilan de ce British Open est très positif pour moi. En termes de jeu, je pense être dans le juste. »

« Je suis un peu déçu, ajoutait Romain Langasque (24 ans), mais c’est comme ça qu’on apprend. Ce sont des tournois où il faut être en situation. Je n’avais pas non plus le jeu pour faire top 10 cette semaine… » 

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© F. Froger / D5

Classement final (après quatre tours) :

1. Lowry (Irl), 269 (-15)

2. Fleetwood (Ang), 275 (-9)

3. Finau (E-U), 277 (-7)

4. Westwood (Ang), 278 (-6)

. Koepka (E-U), 278 (-6)

41. Hébert (Fra), 286 (+2)

63. Langasque (Fra), 289 (+5)

… etc.




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Paul

Paul, joueur occasionnel dans le sud de le France, passionné par le golf depuis plus de 10 ans. Recherche pour vous les informations les plus pertinentes dans les championnats et sur le matériel de golf.

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